Beaucoup de parents pensent qu’un bébé devrait “faire ses nuits” vers 6 mois (ou 3 ou 4 selon chaque interprétation). Pourtant, la réalité est différente : les réveils nocturnes restent très fréquents jusqu’à 2-3 ans.
Une étude par vidéosomnographie montre même que les enfants entre 1 et 3 ans se réveillent en moyenne 3 fois par nuit. La bonne nouvelle : dans la plupart des cas, ces réveils sont liés au développement normal du sommeil et peuvent être améliorés avec quelques ajustements.
Voici 10 raisons fréquentes des réveils nocturnes… et des pistes pour y remédier.
1. Des cycles de sommeil encore courts
Les cycles de sommeil des bébés durent 60 à 75 minutes,
contre 90 à 120 minutes chez l’adulte.
À chaque cycle, il y a un micro-réveil naturel.
Si tout va bien, l’enfant se rendort seul. Sinon, il appelle.
✔️ Piste :
Aider l’enfant à apprendre à se rendormir dans les mêmes conditions que celles dans lesquelles il s’est endormi.
2. Une association d’endormissement dépendante pour votre bébé
Certains enfants apprennent à s’endormir uniquement avec :
- le biberon
- la tétine
- le bercement
Quand ils se réveillent la nuit, votre enfant va réclamer la même chose.
✔️ Chaque parent décide ce qui le convienne le mieux pour favoriser l'endormissement de son enfant (bercement, tétée, cododo ou pas).
Si vous souhaitez arrêter une association de sommeil qui dépend plus de votre présence, c'est possible avec patience et en s'assurant d'une réponse cohérente et calme face aux potentielles frustrations de votre enfant.
3. Une dette de sommeil
Un enfant trop fatigué produit davantage de cortisol, l’hormone du stress.
Or le cortisol empêche l’endormissement et provoque des réveils.
✔️ Piste : respecter les besoins moyens de sommeil :
- 4-12 mois : 14-15 h / jour
- 12-18 mois : 13-14 h / jour
- Et ne pas supprimer les siestes.
4. Une fenêtre de sommeil ratée
Quand un enfant dépasse son moment idéal pour dormir, il devient hyperactif ou agité.
✔️ Piste :
Observer les signes de fatigue :
- bâillements
- regard dans le vide
- frottement des yeux
5. Un rythme jour / nuit mal différencié
L’horloge biologique des enfants se synchronise grâce à plusieurs facteurs :
- lumière
- repas
- activité physique
- interactions sociales
✔️ Piste :
Le matin
→ ouvrir les volets
→ sortir à la lumière et faire de l'exercice
Le soir
→ lumière douce
→ ambiance calme
6. Trop de stimulation avant le coucher
Les écrans, les jeux excitants ou la lumière forte bloque la production de mélatonine, l’hormone du sommeil.
✔️ Piste :
1 heure avant le coucher :
- lumière tamisée
- activités calmes
- routine stable
- exit écrans (et oui... pas de télé, téléphone pendant la tétée/biberon)
7. Une phase de développement
Certaines périodes dans la vie de votre enfant peuvent engendrer une perturbation sur son sommeil :
- 8 mois : angoisse de séparation
- 12 mois : marche
- 18 mois : nouvelle angoisse de séparation
- 2 ans : explosion du langage
✔️ Piste :
Accompagner l’enfant avec plus de présence et de sécurité.
Ces phases sont temporaires. Rester confiant.e au niveau de la routine est essentielle.
8. Un besoin de sécurité
Le sommeil nécessite un sentiment de sécurité.
Si l’enfant se sent seul, inquiet ou en insécurité, il peut se réveiller pour vérifier la présence du parent.
✔️ Piste :
- valider les émotions de votre bébé avec des mots doux ("je comprends que tu sois inconfortable et que tu aies besoin de maman")
- rituel rassurant: comptine, histoire, etc. ce que vous préférez
- moment de connexion avant le coucher: câlin et mots reconfortants (parler du moment où vous allez le retrouver, lui dire que vous restez là pour lui/elle toute la nuit)
- réponse calme et neutre aux réveils
9. Un environnement de sommeil inadapté
La qualité du sommeil dépend aussi de l’environnement :
✔️ Température : 17-18°C
✔️️ Chambre sombre
✔️ Lit réservé au sommeil
✔️ Peu de jouets
10. Un enfant qui grandit
Le sommeil est un apprentissage.
Entre 6 mois et 2 ans, le cerveau continue de structurer :
- les cycles de sommeil
- l’horloge biologique
- la régulation hormonale
✔️ Piste : la clé reste la régularité et la patience.
À retenir
Les réveils nocturnes ne signifient pas que vous faites quelque chose de mal.
Le sommeil de l’enfant dépend de plus de 100 facteurs différents : développement, hormones, attachement, environnement, fatigue…
La bonne approche est souvent :
✨ observer
✨ ajuster
✨ rester constant
Et surtout : garder confiance dans la capacité de votre enfant à apprendre à dormir.
Dans un autre article de blog (ici), j'aborde quelles actions mettre en place pour favoriser l'endormissement.
Si besoin d'un accompagnement spécialisé en sommeil de l'enfant, je suis disponible ici