Il y a 4 ans, j’ai découvert l’approche Faber & Mazlish, notamment à travers les ateliers et livres Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent et Frères et soeurs sans rivalité.
Ca a tout changé: ma façon de parler à mes enfants, de gérer les crises, de poser un cadre éducatif clair.
Avant, je voulais raisonner mon enfant trop vite. Lui dire que ce n'était pas si grave. J’avais peur de cette émotion qui faisait appel à une autre, refoulée en moi.
Soyons honnêtes. ça demande beaucoup d’efforts de notre part.
Soyons indulgentes. On n’a pas grandi avec ça. On apprend, on ajuste, on fait de notre mieux. Et c’est déjà beaucoup.
Soyons réalistes. On n’est pas très aidées les parents globalement aujourd'hui alors que les injonctions sont nombreuses.
Exercice pratique : et si on testait l’écoute sur… moi ?
Prenons un exemple très personnel.
Je me suis arrêtée d’être salariée depuis 1 an et demi. Je l’ai fait pour être disponible pour mes enfants, surtout pour l’un d’entre eux qui a plusieurs rendez-vous par semaine.
Je les amène et les ramène de l’école. Ils déjeunent à la maison deux fois par semaine. Je suis présente le mercredi pour les accompagner à leurs activités.
En me lançant dans l’accompagnement parental, je me sens épanouie. Mais aussi tiraillée.
Mon emploi du temps est très haché. Je jongle en permanence. Mes plages d’investissement professionnel sont limitées. Je me sens frustrée de ne pas être investie à 100 % dans les deux sphères.
Je raconte cela à plusieurs ami·es.
Essayez d’imaginer ce que je pourrais ressentir en entendant chacune de ces réponses :
1️⃣ Nier mes sentiments
“Tu n’as aucune raison de te plaindre. D’autres sont dans une pire situation que toi. Tu devrais t’estimer heureuse.”
➡ Je me sens coupable de me sentir comme je me sens.
2️⃣ Réponse philosophique
“C’est la vie de toute mère. Il faut accepter.”
➡ Je me sens peu importante.Et ça ne me donne pas envie de continuer à parler.
3️⃣ Les conseils
“Tu devrais mieux t’organiser. Faire un bilan de compétences. Planifier tes soirées.”
➡ Je me sens incomprise.Je sais déjà quoi faire.Mais ça ne débloque pas comment je me sens.Aucune envie de continuer d’en parler.
4️⃣ Les questions
“Tu ne peux pas faire autrement ? Pas de nounou ? Pas d’amie ?”
➡ Je me sens contrôlée, jugée… de façon déguisée.
5️⃣ L’ami·e qui prend ma tristesse
“Oh là là, quelle situation difficile, moi aussi je ressens ça…”
➡ Elle revient toujours sur elle.Je me sens ignorée.
6️⃣ L’ami psy
“Ça vient de ton histoire avec tes parents…”
➡ Elle se prend pour ma psy.Je me sens bafouée.
7️⃣ L’ami empathique
“Ça doit être difficile de jongler sans aide. J’ai l’impression que tu te donnes du mal et que ça te tiraille.”
➡ Je me sens réellement écoutée.Rejointe. Connectée.Oui, c’est vraiment difficile pour moi.Merci.
Ça m’a fait du bien d’être écoutée.
Maintenant… mettez-vous à la place de votre enfant
Quand on lui donne des conseils trop vite, quand on lui dit “ce n’est rien”, quand on répond de manière philosophique, quand on veut le raisonner… On ne le rejoint pas.
Petit à petit, il peut :
- se bloquer
- éviter de nous parler
- se braquer
- C’est exactement ce que décrit l’approche Faber & Mazlish :avant de corriger un comportement, il faut d’abord accueillir le sentiment.
Aujourd’hui, je sais que :
🚫 Non, accueillir une émotion ce n’est pas du laxisme. C’est de l’écoute + un cadre clair. Et c’est comme ça qu’on contribue à construire la sécurité émotionnelle d’un enfant.
💬 Un enfant qu’on écoute devient un enfant qui écoute.👂
Et un jour, il saura accueillir ses émotions… et celles des autres.