Étape 6 – Faber & Mazlish : Aider les enfants à se débarrasser de leurs étiquettes
Dès que nous sommes petits, les étiquettes nous sommes imposées sans que nous ayons notre mot à dire:
"Qu'elle est gentille" "Qu'elle est coquette, une vrai fifille!"
“Qu'est-ce qu'il est grognon/ pleurnichard/ insupportable/lent..."
Positives ou négatives… ces étiquettes enferment. Et malheureusement, la prophétie finit par se confirmer:
Un enfant qu’on décrit comme turbulent va finir par jouer ce rôle. Un enfant dans son subconscient, ne veut pas decevoir l'adulte. "Si on dit de moi que je suis turbulent, c'est que je le suis" Il se dit.
Pourtant, une personne peut se caractériser de mille et une façons. On le sait bien au fond de notre être. On peut être :
- calme parfois, dynamique à d’autres moments
- doux et fort
- rapide dans certains domaines et plus lent dans d’autres
Ce sont des reliefs d'une même personne. Et par ailleurs, qui sommes-nous pour juger ce qui vit quelqu'un dans son intérieur, même s'il s'agit de notre enfant?
Nos paroles… mais aussi nos regards, nos attitudes, nos opinions silencieuses… renforcent ces rôles.
Changer son regard
Il y a eu un moment clé dans ma parentalité. Le jour où j’ai commencé à regarder mon enfant autrement.
Je le voyais “lent”. Il m'exaspérait.
Mais lorsque j'ai suivi ma formation, j'ai changé de paradigme. Je le juge lent… par rapport à quoi ? À quelle norme ? À quel modèle ? Et qui étais-je pour juger son intelligence ? Est-ce que je détiens toute la vérité?
En réalité, ce n’était pas lui qui ne comprenait pas. C’était moi qui restais figée dans une vision limitée, très scolaire, de l’intelligence. Quand j'ai commencé à changé mon regard je l'ai vu autrement: il est sensible à certaines choses que je ne vois pas. Il observe et capte l'invisible, des détails qui m'echappent. Il ressent profondément. Il ne fonctionne pas comme “les autres”.
Alors oui, l’école n’est pas toujours adaptée à sa façon de penser. Mais sa façon d’être enrichit le monde. C’est à moi d’élargir mon regard. Pas à lui de se rétrécir au mien.
Car si nous voyons nos enfants d’une certaine manière, ils finissent par se percevoir ainsi.
Le poids des prophéties est réel.
Ce que propose Faber & Mazlish
Dans l’étape 6 de la méthode Faber & Mazlish, il s’agit :
👉 d’aider les enfants à cesser de jouer un rôle
👉 et d’aider les parents à les voir autrement
Voici les 6 habiletés concrètes que j’utilise et que je transmets en atelier.
🔹 1. Chercher des occasions de présenter une nouvelle image
“Tu as ce jouet depuis deux ans et il est encore intact.” On met en lumière un trait inattendu.
🔹 2. Placer l’enfant dans des situations qui élargissent son image
Un enfant étiqueté “maladroit” ? On cuisine ensemble. On bricole ensemble. On lui permet d’expérimenter autre chose.
🔹 3. Lui permettre d’entendre du positif à son sujet
Dire quelque chose de valorisant de lui à une autre personne… sachant qu'il écoute (on peut lui faire un clin d'oeil).
🔹 4. Agir comme on souhaite qu’il apprenne à faire
Perdre avec fair-play (pour un un enfant qui a du mal à perdre). S’organiser (pour quelqu'un perçu comme desorganisé). Ranger (pour un enfant perçu comme malcommode). Réparer (pour quelqu'un perçu comme maladroit).
L’exemple façonne plus que les discours.
🔹 5. Rappeler ses réussites
À un enfant qualifié de “lent” : “Tu as retenu le numéro de ton père à 4 ans, en une seule fois.
J’appelle ça une sacrée mémoire.”
On oppose des faits aux étiquettes.
🔹 6. Quand l’ancien rôle revient, exprimer ses sentiments
“Je suis embêtée quand les affaires restent par terre.”
Plutôt que : “Tu es toujours désordonné.”
Changer le regard que l’on porte sur un enfant est parfois le plus grand cadeau qu’on puisse lui faire. Et souvent, cela commence par accepter de transformer le nôtre. 💛
Moi, c’est Raquel.
Guide parentale et animatrice d’ateliers Faber & Mazlish.
J’accompagne les familles autour de :
✨ le sommeil
✨ la nutrition
✨ la communication avec les enfants
✨ les besoins des enfants neuroatypiques