Entre 4 et 18 mois, le sommeil de votre enfant évolue profondément : il devient plus structuré, plus proche de celui de l’adulte, avec des cycles plus longs, une organisation jour/nuit plus stable… et pourtant, c’est aussi une période où les difficultés d’endormissement et les réveils nocturnes peuvent être très présents.
Parce que grandir, apprendre, se séparer, ressentir… tout cela vient impacter directement sa capacité à dormir.
Notions clés pour comprendre le sommeil entre 4 et 18 mois
- Les cycles de sommeil s’allongent (environ 60 à 75 minutes)
- Le sommeil devient plus organisé et plus profond
- Les besoins alimentaires nocturnes diminuent progressivement
- Le rythme circadien se met en place… mais n’est pas mature avant 2 ans!
- Les réveils nocturnes restent fréquents et normaux
À partir de 4 mois, le sommeil change de structure : il comporte désormais plusieurs phases (sommeil paradoxal, sommeil lent léger, sommeil profond). Puis, autour de 9 mois, un changement important s’opère : votre enfant s’endort désormais en sommeil profond, car son corps a besoin de récupérer physiquement après ses nombreuses acquisitions motrices.
Cela explique pourquoi :
- les débuts de nuit sont souvent plus stables
- les réveils apparaissent plutôt en deuxième partie de nuit (vers 0h-1h)
- des phénomènes comme les terreurs nocturnes peuvent survenir
Les rythmes de journée : un pilier du sommeil
Le sommeil de nuit dépend directement de l’équilibre des siestes.
Entre 4 et 9 mois :
- 2-3 siestes par jour
- matin : 45 min à 1h30
- début d’après-midi : 1h30 à 2h
- fin de journée : 30 min à 1h (parfois elle saute, surtout si c'est un deuxième ou plus car il/Elle va suivre un rythme différent qui dépend souvent du/de la grand/e frère/soeur)
Entre 9 mois et 15-18 mois :
- 2 siestes
- matin : 1h à 1h30
- début d’après-midi : 1h30 à 2h
Un point clé :
Si la sieste du matin empêche celle de l’après-midi, il peut être pertinent de la réduire ou de la supprimer progressivement.
À retenir :
- Une sieste manquante entraîne fatigue… et agitation
- Le manque de sommeil se manifeste souvent par hyperactivité, pas par fatigue
Ce qui peut perturber le sommeil de votre bébé
Même si le sommeil devient plus mature, de nombreux éléments viennent le fragiliser.
- Les grandes acquisitions et les phases de développement (communement appelées "regressions")
- 4 pattes
- marche (12 mois)
- langage
Ces étapes mettent votre enfant dans un état d’excitation intense, qui peut compliquer l’endormissement.
Certaines périodes sont connues pour perturber le sommeil :
- 4 mois: changement dans l’architecture du sommeil
- 7-9 mois: angoisse de séparation
- 12 mois : marche et langage
- 18 mois: nouvelle phase de séparation
- 24 mois: langage
Pensez à proposer : - des temps calmes dans la journée
- une diminution des stimulations
- des rituels apaisants (massage, lecture…)
Les phases de développement sont temporaires et durent quelques jours à quelques semaines. Rester confiant(e) et continuer la routine du sommeil sont des facteurs de réussite pour dépasser ces phases.
2. Les inconforts physiques
- poussées dentaires
- maladies (rhume, otite…)
- RGO
- Un enfant qui a mal ne peut pas dormir sereinement.
Le rôle des stratégies d’endormissement
Comme les adultes, les enfants mettent en place des “stratégies de sommeil”.
Cela peut être :
- une position
- un objet
- une présence
- une manière d’être accompagné
Ces stratégies sont souvent inconscientes et peuvent être : autonomes ou dépendantes
Point clé :
Lors des micro-réveils entre les cycles, votre enfant retrouve les mêmes conditions que pour l’endormissement… ou non.
C’est ce qui influence sa capacité à se rendormir. Réflechir sur nos actions faites au moment de l'endormissement nous aide à y mettre de la lumière et à souhaiter les modifier... ou pas!
Pour en savoir plus, voir l'article dédié aux méthodes bienveillantes pour favoriser un endormissement autonome (ici)
Les bases essentielles
- Un coucher régulier dès que nous constatons des signes de somnolence (baillements, regard dans le vague, baisse de l'activité)
- Une routine simple, répétée chaque soir
- Un environnement calme, sombre et peu stimulant
- Une chambre pensée comme un cocon de douceur
Autres points intéressants:
👉 Le noir complet favorise la production de mélatonine
👉 La peur du noir apparaît généralement après 18 mois
Accompagner le coucher
L’objectif est d’aider votre enfant à trouver progressivement ses propres repères d’endormissement.
- Le déposer éveillé dans son lit, si possible
- Rester présent de manière rassurante
- Intervenir avec calme et constance la nuit
- Une phrase simple peut servir de repère en début de nuit : “C’est l’heure du dodo, dormir sert à grandir et à se reposer; dans ton lit tu es en sécurité, moi je t'aime et je veuille sur toi; je suis là si tu as besoin, et on se retrouve demain matin."
Attitude parentale : un facteur clé
Pas de panique! Nous avons à notre portée des solutions!
- Être cohérent et constant
- Répondre avec calme et tendresse
- Éviter les changements brusques
- Ne pas associer le lit à une punition
- La sécurité émotionnelle favorise la détente… et donc le sommeil.
Points essentiels à retenir pour favoriser le sommeil de votre bébé
- Le sommeil entre 4 et 18 mois est en construction
- Les réveils nocturnes restent fréquents et normaux
- Les siestes sont indispensables à l’équilibre global
- Les phases de développement perturbent temporairement le sommeil
- La régularité et la cohérence sont vos meilleurs alliés
- Et surtout, chaque enfant avance à son rythme.
Le sommeil n’est pas une performance à atteindre, mais une compétence qui se construit progressivement, dans un environnement sécurisant, stable et adapté à ses besoins.
Si besoin d'un accompagnement spécialisé en sommeil de l'enfant, je suis disponible ici
Malgré tous vos éfforts, votre bébé continue de se réveiller la nuit? Dans un autre article de blog (ici), nous verrons pourquoi.